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Les rosaces de cathédrales en médaille : quand la lumière gothique devient bijou

Il y a, au cœur des grandes cathédrales de France, un objet que tout le monde a vu et que presque personne ne sait décrire : la rose. Ce disque de pierre et de verre, ouvert dans la façade ou au bout du transept, est l'une des inventions les plus audacieuses du Moyen Âge — et l'une des plus belles. Depuis de nombreuses années, la Manufacture Mayaud la transpose en médaille rosace de cathédrale, dans la nacre ou dans l'or ajouré. Ce guide raconte d'où viennent les roses, ce qu'elles disent, et comment une rose de treize mètres devient un bijou de vingt millimètres.

Qu'est-ce qu'une rosace ?

Le mot est trompeur. En architecture, la rose désigne la baie circulaire elle-même, percée dans le mur ; la rosace est à l'origine un ornement sculpté en forme de fleur. C'est seulement à partir du XVIe siècle que « rosace » finit par désigner aussi la grande fenêtre ronde, et l'usage courant a confondu les deux depuis.

Eugène Viollet-le-Duc, qui a restauré Notre-Dame de Paris au XIXe siècle et dessiné les plus belles roses de France dans son Dictionnaire raisonné de l'architecture française, en donne l'origine : « L'oculus de la primitive basilique chrétienne, percé dans le pignon élevé au-dessus de l'entrée, paraît être l'origine de la rose du moyen âge. » Jusqu'à la fin du XIIe siècle, ce n'est qu'une petite ouverture de cinquante centimètres à un mètre, sans châssis de pierre. Puis, à partir de la seconde moitié du XIIe siècle, dans l'Île-de-France d'abord, les roses grandissent, se garnissent d'un réseau de pierre — le remplage — et atteignent vers le milieu du XIIIe siècle des dimensions que rien n'avait jamais permises.

Relevé du remplage de la rose occidentale de Notre-Dame de Paris, par Eugène Viollet-le-Duc
La rose occidentale de Notre-Dame de Paris, relevée par Viollet-le-Duc : un quart du remplage, avec ses rayons et ses lobes. Dictionnaire raisonné de l'architecture française, 1854-1868 (domaine public).

Ce que dit une rose

Une rose n'est pas seulement une fenêtre. Sa forme parfaite, le cercle, dit l'éternité et l'unité de la création ; ses rayons, qui partent tous du centre, disent que tout procède de Dieu. Au cœur de la rose, on place le Christ ou la Vierge — la rose est, dans la tradition mariale, l'une des figures de Marie, « rose mystique ». Autour, en cercles concentriques, prophètes, rois, apôtres, saints : toute l'histoire du salut ordonnée autour d'un point.

Les nombres y comptent. La plupart des roses françaises se divisent en douze rayons ou pétales — les apôtres, les mois, les tribus d'Israël. La rose sud de Notre-Dame de Paris est construite sur quatre, douze et vingt-quatre : quatre cercles, quatre-vingt-quatre panneaux. Strasbourg fait exception avec seize pétales, multiple de huit, nombre de la perfection divine et de la résurrection.

Et puis il y a la lumière. La rose est l'endroit où le mur disparaît : la pierre ne fait plus que dessiner, le verre fait le reste. Le soir, la rose occidentale reçoit le couchant ; à midi, la rose sud brûle. C'est cette lumière, plus que la géométrie, que les médiévaux venaient chercher.

Rayonnant, flamboyant : deux âges de la rose

Les historiens distinguent deux grandes familles. Le gothique rayonnant, au XIIIe siècle, tire son nom de la forme même de ces roses : des rayons droits qui partent du centre, comme ceux de Notre-Dame de Paris ou de la Sainte-Chapelle à l'origine. C'est l'âge d'or de la rose, celui des grands chantiers royaux de saint Louis.

Le gothique flamboyant, à partir de la fin du XIVe siècle, courbe les lignes. Le terme a été forgé au XIXe siècle par l'antiquaire normand Eustache-Hyacinthe Langlois pour décrire ces motifs en forme de flammes, les soufflets et les mouchettes, qui ondulent dans le remplage. Les roses flamboyantes sont d'une complexité vertigineuse : celle de la Sainte-Chapelle, refaite à la fin du XVe siècle, ou celle de Saint-Jean de Lyon, créée en 1394, en sont deux chefs-d'œuvre.

Tracé géométrique du remplage flamboyant de la rose de la Sainte-Chapelle de Paris, par Viollet-le-Duc
Le tracé flamboyant de la rose de la Sainte-Chapelle, analysé par Viollet-le-Duc : les courbes des soufflets et des mouchettes se construisent au compas. Dictionnaire raisonné (domaine public).

Les grandes roses de France — et leurs médailles

Notre-Dame de Paris : trois roses, huit siècles

Notre-Dame possède trois roses, et chacune a son histoire. La rose occidentale, taillée vers 1220 au-dessus du portail, est la plus ancienne ; Viollet-le-Duc mesure son vide à 9,60 mètres et admire un réseau si bien conçu qu'il n'avait presque pas bougé en six siècles. La rose nord, élevée vers 1250 par Jean de Chelles, déploie près de 13 mètres de diamètre et conserve ses vitraux d'origine : au centre, une Vierge à l'Enfant, entourée de prophètes, de rois et de juges de l'Ancien Testament. La rose sud, offerte par saint Louis et achevée vers 1260 par Pierre de Montreuil, lui répond avec le Christ en gloire et les apôtres ; mal construite, elle dut être reprise en 1725, puis entièrement rebatie en 1854.

Le 15 avril 2019, les trois roses ont résisté à l'incendie. Elles ont retrouvé leur lumière à la réouverture de la cathédrale, en décembre 2024, dans une nef nettoyée de huit siècles de suie.

Rose du transept sud de Notre-Dame de Paris, élévation et remplage, par Viollet-le-Duc
La rose sud de Notre-Dame de Paris, en élévation : la rose et la claire-voie sur laquelle elle repose. Dictionnaire raisonné (domaine public).

La rosace de Notre-Dame de Paris est la première que la Manufacture Mayaud a transposée en médaille, et la première rosace de cathédrale jamais proposée en nacre et or 750/1000. Elle existe en nacre cerclée d'or, en or massif ajouré, en argent massif ajouré et en nacre cerclée d'argent.

Médaille rosace de Notre-Dame de Paris en nacre de qualité joaillière cerclée d'or 18 carats, Manufacture Mayaud
La rosace de Notre-Dame de Paris, sculptée dans la nacre et cerclée d'or 18 carats.

Chartres : la rose de France

À Chartres, la rose nord est dite « rose de France » : elle fut offerte vers 1230 par la reine Blanche de Castille, mère de saint Louis, et ses écoinçons portent les fleurs de lys du royaume et les châteaux de Castille. Elle est consacrée à la Vierge, Sainte Anne au centre des lancettes. La rose sud, face à elle, montre le Christ de l'Apocalypse entouré des vieillards : l'ancienne Loi au nord, la nouvelle au sud, se répondant à travers la cathédrale. Mayaud propose les deux : la rose nord et la rose sud en nacre et or, ainsi qu'en nacre et argent.

Strasbourg : la rose de maître Erwin

La façade occidentale de Strasbourg fut bâtie de 1277 à 1318 sur les plans d'Erwin de Steinbach, et sa grande rose, achevée vers 1320, porte encore son nom. Elle est hors normes : 13,60 mètres de diamètre, seize pétales au lieu de douze, inscrite dans un carré fleurdelisé. Endommagée par la tempête de 1840 et par le siège de 1870, elle reste l'une des plus grandes roses du monde gothique. En médaille : la rosace de Strasbourg en nacre et or.

Médaille rosace de la cathédrale de Strasbourg en nacre cerclée d'or, Manufacture Mayaud
La rose d'Erwin et ses seize pétales, à l'échelle d'une médaille.

La Sainte-Chapelle : le flamboyant à Paris

La Sainte-Chapelle, écrin des reliques de saint Louis, avait à l'origine une rose rayonnante. Elle fut remplacée à la fin du XVe siècle, sous Charles VIII, par la rose flamboyante que l'on admire aujourd'hui, dont les vitraux déroulent l'Apocalypse. C'est l'un des remplages les plus complexes de France — et l'un des plus difficiles à transposer. Mayaud le propose en nacre et or, en or ajouré et en argent ajouré.

Lyon : la rose de l'Agneau

La rose occidentale de la primatiale Saint-Jean, dite rose du couchant, fut créée en 1394 par Henri de Nivelle ; on la surnomme rose de l'Agneau. Quadrilobe central, six grands pétales en cœur, six pétales étroits, couronne de lobes trilobés : un flamboyant précoce et lisible, qui se prête admirablement à l'ajourage. En médaille : nacre et or, or massif ajouré, argent massif ajouré, nacre et argent.

Et vingt autres cathédrales

La collection ne s'arrête pas aux plus célèbres. Elle suit la carte des grandes roses de France, et au-delà : Reims, Amiens, Saint-Denis — où, dès le milieu du XIIe siècle, sous l'abbé Suger, une première rose s'ouvrit en façade —, Saint-André de Bordeaux, Saint-Ouen de Rouen, Le Mans, Tours, Angers, Metz, Sens, Senlis, Soissons, Bourges, Orléans, Clermont-Ferrand, Toulouse, Saint-Malo, Marseille et Milan — toutes réunies dans notre collection de rosaces de cathédrales.

D'une rose de treize mètres à une médaille de vingt millimètres

Comment fait-on tenir un remplage gothique dans un cercle de deux centimètres ? C'est le savoir-faire propre de la Manufacture Mayaud, et il est unique au monde.

Tout commence par le relevé : le dessin exact du remplage, rayons, lobes, soufflets, mouchettes, tel que les maîtres d'œuvre l'ont tracé. Notre sculpteur le reprend sans rien simplifier — c'est la règle de la maison — et le transpose à l'échelle de la médaille, en veillant à ce que chaque lobe reste lisible.

Vient ensuite la matière. Dans la nacre, le remplage est sculpté et gravé dans une nacre naturelle extra blanche, de qualité joaillière, sélectionnée pour l'uniformité de sa couleur et la finesse de son grain. La translucidité de la nacre rend quelque chose de la lumière du vitrail ; le cerclage d'or 18 carats ou d'argent massif referme la rose. Manufacture Mayaud est le seul atelier au monde à réaliser des rosaces de cathédrales en nacre de qualité joaillière.

Dans l'or ou l'argent massif ajouré, la rose est entièrement percée à jour : les vides du remplage deviennent des vides réels, et la lumière traverse la médaille comme elle traverse la cathédrale. Mayaud a été la première Maison à proposer une rosace de cathédrale ajourée en or massif 18 carats.

Chaque modèle est déposé à l'INPI, fabriqué dans notre atelier parisien. Les médailles en nacre se déclinent de 20 à 26 mm selon les modèles ; les versions ajourées de 20 à 24 mm. Plus le diamètre est grand, plus le remplage se lit finement.

Le savoir-faire, du relevé à la médaille

Réaliser une médaille rosace de cathédrale suppose de faire dialoguer deux savoir-faire distincts : celui du bâtisseur gothique et celui du sculpteur joaillier. Le premier a dessiné un remplage pour tenir dans une baie de plusieurs mètres et être lu de loin ; le second doit le faire tenir dans un cercle de deux centimètres et le rendre lisible de près, sans en trahir un seul lobe.

C'est ce qui distingue une rosace Mayaud d'une simple médaille ornementale : le dessin n'est pas simplifié ni stylisé, il est transposé à l'identique, au prix d'un travail de sculpture minutieux sur un espace réduit. Cette exigence de fidélité historique, appliquée à chaque cathédrale de la collection, explique pourquoi certains modèles demandent plusieurs mois de mise au point avant leur première frappe ou leur première sculpture en nacre.

Pourquoi offrir une rosace ?

Parce qu'une rosace dit un lieu. Celle de la cathédrale où l'on a été baptisé, marié, ou simplement celle de sa ville — Reims, Strasbourg, Lyon, Bordeaux. Parce qu'elle dit un attachement à un patrimoine : depuis 2019, la rosace de Notre-Dame de Paris est devenue pour beaucoup un signe de fidélité à un monument blessé puis relevé. Parce qu'elle se porte à tout âge et par tous : une médaille sans personnage, où le sens est dans la géométrie et la lumière, et qui convient autant à un baptême qu'à un pèlerinage, à un souvenir de voyage qu'à un bijou de tous les jours. Voir aussi nos médailles de baptême, pour les sujets religieux traditionnels.

Une médaille rosace de cathédrale se transmet aussi bien qu'elle se porte : parce qu'elle ne représente ni un visage ni un prénom, elle traverse les générations sans jamais paraître datée, et convient aussi bien à un baptême qu'à un anniversaire de mariage ou à un cadeau que l'on se fait à soi-même. C'est un bijou de mémoire au même titre qu'une médaille traditionnelle, mais qui raconte un lieu plutôt qu'un saint.

Questions fréquentes

Peut-on graver une médaille rosace ?
Oui pour les versions en nacre, dont le revers est lisse : prénom et date, réalisés à l'atelier. Non pour les versions ajourées, qui n'ont pas de revers plein.

Nacre ou or ajouré : que choisir ?
La nacre donne la lumière blanche et la douceur d'un camée ; l'or ou l'argent ajouré donne la transparence réelle du remplage. Les deux reprennent exactement le même dessin.

Quelle taille choisir ?
Le 20 mm pour un baptême ou un enfant, le 22 ou 24 mm au quotidien, le 24 ou 26 mm en pendentif, pour lire le remplage dans toute sa finesse.

La rosace de ma cathédrale existe-t-elle ?
La collection compte aujourd'hui de nombreuses cathédrales et basiliques. Si la vôtre n'y figure pas, écrivez-nous : une rosace peut parfois être réalisée sur demande.

Sources

  • Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle, 1854-1868, tome 8, article « Rose ».
  • Painton Cowen, Roses médiévales, Seuil, 1979.
  • BnF, Passerelles, « L'architecture gothique ».
  • Centre des monuments nationaux, Sainte-Chapelle, « Le gothique rayonnant ».
  • Cathédrale Notre-Dame de Paris, « Les vitraux » ; Revivre Notre-Dame, « Restauration des roses » ; Ministère de la Culture, « Les vitraux du XIXe siècle ».
  • Fondation de l'Œuvre Notre-Dame et Batorama, sur la rose de Strasbourg ; Centre international du vitrail, « La rose nord de Chartres ».
  • Jean Tricou, « Enseignes de pèlerinages et de dévotion », Bulletin des musées lyonnais, 1957.

Rédigé par la Manufacture Mayaud, médailleur, joaillier et orfèvre depuis 1770. Boutique au 25 rue Vaneau, Paris 7e. Nos médailles sont sculptées, frappées et gravées en France ; nos guides s'appuient sur l'expérience de l'atelier et sur les sources citées en fin d'article.

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