La Médaille miraculeuse est la médaille mariale la plus portée au monde. Elle est née à Paris, rue du Bac, en 1830, d'une vision rapportée par une jeune religieuse, et chacun de ses détails a un sens. Voici son histoire, la lecture de ses symboles, et comment choisir la sienne.
1830 : les apparitions de la rue du Bac
Dans la nuit du 18 au 19 juillet 1830, puis le 27 novembre 1830, Catherine Labouré, jeune novice des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul, rapporte avoir vu la Vierge Marie dans la chapelle de la maison mère de sa congrégation, au 140 rue du Bac, à Paris. Le 27 novembre, la Vierge lui montre une image ovale et lui demande de faire frapper une médaille sur ce modèle : ceux qui la porteront, lui dit-elle, recevront de grandes grâces. Catherine Labouré, morte en 1876, a été canonisée en 1947 ; la chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse accueille aujourd'hui des pèlerins du monde entier.
1832 : la première frappe et le choléra
Après deux ans de prudence de son confesseur, l'archevêque de Paris, Mgr de Quélen, autorise la frappe. Les premières médailles sortent en juin 1832, réalisées par l'orfèvre parisien Adrien Vachette, alors qu'une épidémie de choléra frappe la capitale. Les Filles de la Charité les distribuent aux malades ; des guérisons et des conversions leur sont attribuées, et le peuple de Paris la baptise « médaille miraculeuse ». La diffusion est fulgurante : 500 000 exemplaires en 1834, plus de dix millions en sept ans.
Lire la médaille : l'avers
| Élément | Ce qu'il signifie |
|---|---|
| La Vierge debout sur le globe | Marie, reine du monde, présente à toute la terre |
| Le serpent écrasé sous son pied | La victoire sur le mal |
| Les rayons qui partent de ses mains | Les grâces qu'elle répand sur ceux qui les demandent |
| La prière « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » | L'Immaculée Conception, proclamée dogme en 1854, vingt-quatre ans après les apparitions |
| La date 1830 | L'année des apparitions |
Lire la médaille : le revers
| Élément | Ce qu'il signifie |
|---|---|
| Le M surmonté d'une croix | Marie unie à la croix de son Fils |
| Les deux cœurs | Le Cœur de Jésus couronné d'épines et le Cœur de Marie transpercé d'un glaive |
| Les douze étoiles | Les douze apôtres, et la couronne de la femme de l'Apocalypse |
La forme ovale elle-même fait partie de la vision : c'est à elle qu'on reconnaît une Médaille miraculeuse au premier regard. Notre glossaire des symboles détaille les autres motifs des médailles religieuses.
La Médaille miraculeuse et la maison Mayaud
La Manufacture Mayaud, fondée à Saumur en 1770, était au XIXe siècle l'une des premières fabriques françaises de médailles religieuses. D'après les archives familiales conservées par la maison, c'est elle qui aurait ensuite assuré la frappe de la Médaille miraculeuse à grande échelle. Le M surmonté d'une croix, monogramme du revers, fut d'ailleurs très longtemps le logo de Mayaud Frères : on le retrouve dans nombre de nos archives, et il figure encore parmi les emblèmes de la Manufacture. Notre boutique, au 25 rue Vaneau, est à quelques pas de la chapelle de la rue du Bac. L'histoire complète est racontée dans notre histoire de la médaille de baptême en France.
Choisir une Médaille miraculeuse
Notre Vierge Miraculeuse en or jaune 18 carats reprend fidèlement le dessin d'origine : l'ovale, la prière, la date, le M, les deux cœurs et les douze étoiles, frappés sous deux matrices gravées, face et revers. Elle existe aussi en argent massif, rhodié : il ne noircit pas et ne demande aucun entretien.
- 9 et 11 mm (hauteur de l'ovale, bélière non comprise) : pour un nouveau-né ou un bracelet.
- 13 et 15 mm : pour un baptême et l'enfance.
- 17 et 19 mm : pour un port adulte.
- 21 mm : en pendentif.
Son revers étant entièrement occupé par le monogramme et les étoiles, la Médaille miraculeuse ne se grave pas. Pour un souvenir gravé, on l'associe volontiers à une gourmette ou à une seconde médaille au revers lisse. Pour une médaille de la Vierge d'un autre dessin, voir notre guide des médailles de la Vierge Marie.
Questions fréquentes
Que représente la Médaille miraculeuse ?
Sur l'avers, la Vierge debout sur le globe, écrasant le serpent, les mains rayonnantes, entourée de la prière « Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous » ; au revers, le M surmonté d'une croix, les Cœurs de Jésus et de Marie et douze étoiles.
Pourquoi l'appelle-t-on « miraculeuse » ?
Parce que, dès sa première diffusion pendant l'épidémie de choléra de 1832, des guérisons et des conversions lui furent attribuées ; c'est le peuple de Paris qui lui donna ce nom.
Où se trouve la chapelle de la Médaille miraculeuse ?
Au 140 rue du Bac, à Paris, dans la maison mère des Filles de la Charité, où Catherine Labouré eut ses visions en 1830.
Peut-on offrir une Médaille miraculeuse pour un baptême ?
Oui, c'est l'une des médailles de baptême les plus traditionnelles : elle place l'enfant sous la protection de Marie. Les hauteurs de 13 et 15 mm conviennent à un enfant.
Peut-on faire graver une Médaille miraculeuse ?
Non : son revers est entièrement occupé par le monogramme et les étoiles. Pour une gravure, on l'associe à une gourmette ou à une médaille au revers lisse.
Où acheter une Médaille miraculeuse en or fabriquée en France ?
La Manufacture Mayaud, maison française fondée en 1770, frappe sa Vierge Miraculeuse en or jaune 18 carats et en argent massif, en sept hauteurs de 9 à 21 mm ; elle se commande en ligne et à la boutique du 25 rue Vaneau, à quelques pas de la rue du Bac.
Sources
- Chapelle Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, « Histoire de la Médaille »
- Diocèse de Paris, « Sainte Catherine Labouré »
- « Médaille miraculeuse », Wikipédia
- Benjamin La Combe, Histoire de l'entreprise Mayaud de Saumur (1710-1901), maîtrise d'histoire, 1997, Archives municipales de Saumur.